Ca y'est, mardi 25 janvier, le jour du grand départ. Après 3 jours marathon d'emballage de cartons et de nettoyage intensif, et de soirées d'au-revoir aux amis toutes très agréables, me voilà contemplant toute ma vie contenue en une quinzaines de cartons et quelques meubles. Très peu de choses vitales parmi elles, mais aucune ou presque dont je ne souhaitais me débarasser à l'orée de cette nouvelle vie. En ce jour J, tout est minuté, aller donner les papiers pour le camion, aller chercher le camion (par un autre conducteur), déménager Suffren, déménager Véron, faire l'état des lieux avec la propriétaire une fois tout tout vidé, et m'envoler avec tous mes souvenirs et mes fols espoirs vers ma nouvelle vie... En ce grand jour, les vrais amis ont répondu présent et chacun y met vraiment du sien pour faire rimer efficacité et bonne humeur. Dans une telle énergie, tout se passe à merveille, sans fatigue inutile et en un temps record. Même la propriétaire est porteuse d'une (très) bonne nouvelle, un 2è chèque de caution dont j'avais oublié l'existence! Elle me demande si je ne suis pas émue. Bizarrement, je ne le suis pas, je ne le suis plus en tout cas depuis que j'ai commencé à retirer chaque parcelle (c'est le cas de le dire avec le sticker en mille morceaux du carousel sur mon armoire!) de mon passé. Maintenant, je suis enfin dans l'action, advienne que pourra mais plus d'angoisses inutiles, ça fait du bien. Les larmes montent quand même au moment de la dernière photo devant ma porte d'entrée. Un gros calin à Sylvain et c'est parti, je monte dans le camion, Guillaume au volant, direction le grand Inconnu !
Le chemin se déroule bien, j'ai hâte d'arriver, je suis confiante, heureuse et fière d'être allée au bout de mon défi, de mon envie, de mon appel. Ma bonne étoile veille. Néanmoins, mon beau sourire s'évanouit rapidement en arrivant. Ouf, il reste encore du fioul (mais le niveau a bien trop baissé quand même par rapport à ce qu'il aurait dû) mais par contre cette fois c'est l'eau chaude qui manque à l'appel... Nous voilà Guillaume et moi à essayer de triturer comme on peut le ballon d'eau (ou plutôt ce qu'on croit être celui-ci, j'apprendrai + tard qu'il s'agit en fait de la citerne du puits!) mais rien n'y fait (et pour cause). On attend tout de même, dans l'espoir que nos incantations quasi magiques opèrent un miracle, mais celui-ci n'aura pas lieu. Autre surprise: le poêle, mon meilleur ami dans l'adversité, a lui aussi attrapé un rhûme et fume comme jamais nous obligeant rapidement à déménager le lit de la cuisine jusqu'à la chambre principale, pas un mal en soi car je m'y sens très bien dans cette petite chambre d'où j'écris aujourd'hui (avec un délicieux potage maison de Mamie Rosette! Qu'est-ce que je ferai sans elle, c'est à croire que mon ange-gardien s'est incarné dans ma voisine!!).
A 5h30 (oui du matin), la fatigue commence à se faire sentir et nous partons dormir même si ma nuit sera très agitée, non pas à cause du froid mais de cette angoisse dûe au manque d'eau chaude. Je me lève aux alentours de 10h, bien décidée à agir. Je vais déjà faire un coucou à ma chère voisine et lui raconte mes malheurs. Pour l'eau chaude, elle n'a pas de solution, elle me conseille (à raison) de faire venir un électricien car le problème vient peut-être du tableau électrique (elle est vraiment trop forte mamie Rosette!). Quant au poêle, elle me rassure en disant que cela vient sans doute tout simplement du mauvais temps conjugué au fait que la cheminée est froide. Forte de ces bons conseils, et me sentant un peu moins seule dans l'adversité, je retourne m'occuper comme je peux à vider ce que je peux du camion afin de commencer à m'installer un minimum. L'électricien arrive et me règle en effet le problème en deux temps, 3 mouvements, c'était bien un fil sur le tableau électrique, sacrée Rosette! Il est super gentil, nouvellement à son compte après avoir racheté la boîte où il était salarié, et j'en profite pour lui faire un tour du propriétaire afin de parler remise aux normes. Il passe une bonne heure et demi à tout analyser pour me faire un devis et ne me fera même pas payer sa réparation au final !
Riche de 40 euros supplémentaires (enfin en tout cas pas appauvrie de la dîte somme prévue pour la réparation), Guillaume propose d'aller fêter cela au restaurant, une dépense que je vois au départ d'un mauvais oeil mais bien méritée quand même je dois l'avouer. Nous trouvons un petit hôtel resto sympa à St Honoré les Bains, à quelques kilomètres de là. Le repas est heureux et l'addition encore + ! Je ne parle pas ici du coût du menu (raisonnable) mais de la discussion que nous avons alors avec la gérante, surtout au moment où je lui glisse sans arrière-pensée que je fais des goûters d'anniversaire sur Paris et que j'ai entendu dire que cela pouvait intéresser certaines personnes également dans la région. Sa réaction ne se fait pas attendre: "Oui moi!". Et me voilà faisant connaissance avec une maman super-active de 3 enfants, au bras long de surcroît avec son hôtel restaurant où beaucoup de célébrations ont lieu, qui a réussi à faire ouvrir un cours de théâtre dans sa ville pour ses enfants et leurs copains, et qui acquiesce de façon très enthousiaste à chacun de mes projets que je lui déroule alors. Cette discussion me revigore mieux que le meilleur vin (même de Bourgogne!) et me laisse entrevoir de formidables opportunités sur une terre dont j'ai tout à apprendre...
C'est sur ces heureuses entrefaites (et après une bonne douche chauuuuude!!) que nous partons nous coucher avant de repartir dès le lendemain matin direction Paris pour mes animations (Mamie Rosette veillant sur mes animaux, encore un gros souci de moins! D'ailleurs, elle a tout de suite fait copine avec Mira :)). C'est sous un froid pénétrant et un soleil radieux que le camion repart (déjà) vers Paris, presque trop tôt pour moi. En admirant le magnifique paysage, je reprends des forces n'ayant qu'une hâte, revenir...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire