Aujourd'hui était le dernier jour, et je me serai bien passée de cette dernière journée... J'étais fatiguée déjà, l'histoire de B. m'avait affaiblie moralement, mais bon, l'atelier de cuisine d'hier s'était bien passé (je n'ai pas pu faire de blog hier car je suis rentrée tard) et en soi c'était le dernier jour, on allait au ciné voir Rio en +, donc a priori ça devait être une dernière bonne journée. Sauf qu'en fin de matinée, la directrice nous appelle Léone et moi dans son bureau, moi je pensais que c'était pour nous remettre nos chèques mais pas du tout. Elle nous dit qu'il y'a des choses dont elle n'est pas contente, qu'elle n'a rien dit sur le coup car c'est un groupe difficile, mais que là c'est une accumulation de choses. Elle revient sur la petite qui s'est enfuie, sur un gamin qu'elle a vu monter sur une table pour attraper un truc alors qu'elle rentrait dans notre salle, bref sur le manque de cadrage évident de notre groupe. En soi, je suis d'accord mais je pensais que la situation était comme ça tout le temps, que ce n'est pas à cause de nous qu'ils ne respectent rien, se frappent, s'insultent, répondent quand on les engueule... Je suis donc tombée des nues et l'ai pris très personnellement au point de passer une vraiment sale journée, même Rio le petit perroquet n'a pas eu la même saveur :( J'étais ailleurs, j'en voulais aux 3 ou 4 perturbateurs continuels, il y'en a même un qui a eu le toupet de se plaindre parce que je ne l'avais pas défendu contre un autre. Du coup, quand l'heure est venue de fermer le centre, je n'avais qu'une envie, partir très loin. On est loin des fêtes de départ au mini-club de Lou Village, et pourtant dieu sait comment j'ai été malheureuse là-bas! ce soir je me sens trahie, c'est comme si toute l'énergie, la créativité et l'enthousiasme que j'ai déployés n'étaient pas valorisés, que le seul truc qui leur importait c'est quelqu'un capable de faire la police, bah désolée oui c'est clair ce n'est pas moi et ça ne le sera jamais. En soi je comprends que ce soit (très) important et que sans cadre, on ne peut rien faire du tout, mais je ne sais pas me faire respecter, je n'aime pas ça déjà. Je préfère me creuser la tête pour les intéresser que pour leur apprendre à me craindre. De toute façon, ce n'est pas dans ma nature, et j'en ai marre de devoir être ce que je ne suis pas. Déjà là, dans le groupe, j'ai fait beaucoup d'efforts ces 2 semaines pour m'intégrer, et malgré tout cela, et à part en de rares occasions, je ne parlais presque pas, aussi bien avec les autres animateurs qu'avec mon coloc et sa bande de potes. C'est comme ça, quand les gens n'ont pas ma sensibilité, je n'y arrive pas ou alors à très petites doses mais ça me demande un effort surhumain. En +, à force de fréquenter les enfants et de me prendre d'affection pour les + "différents" d'entre eux, j'ai reconnecté avec cette partie là de moi étant enfant, et 20 ans plus tard, je ne crois pas que les choses aient beaucoup changées...
Après le centre, j'ai enchainé les merdes mais je vous passe les détails, quand tout s'y met, tout s'y met et ce n'est pas le + important. L'important c'est que j'arrive à dépasser cette blessure que j'ai eu aujourd'hui (et avec Bertrand parce que je suis sûre que c'est lié), que je retire ce que j'ai à en retirer, et que je reparte + forte et + confiante pour cet été, parce que là du coup je me sens très insécure, ne sachant plus à nouveau où est ma place :((( Ca me rappelle quand j'avais fait du bénévolat dans un refuge canin. Je n'avais pas tenu + d'1 semaine car une des responsables n'arrêtait pas de m'engueuler parce que je n'étais pas assez efficace pour elle, que je ne me faisais pas respecter des chiens. Et un jour, elle m'avait encore repris alors que je calinais un petit chien qui venait d'arriver et qui était tout perdu, mais cette fois l'autre responsable lui avait dit qu'au contraire c'était très important ce que je faisais, qu'à la base c'est pour ça que le refuge existait, pour leur offrir une vie meilleure. Et bien là je ressens pareil. La société privilégie le Fonctionnement et tous ceux qui assurent ce fonctionnement et c'est clair que c'est important mais du coup elle passe à côté du "supplément d'âme" que certaines personnes comme moi essaient de faire passer...
Moi je pense comme la fille du refuge, qu'au contraire c'est bien ce que tu fais, c'est en leur donnant de l'amour et en les éveillant que tu vas les calmer.
RépondreSupprimerMais de l'extérieur, vu qu'ils sont fous, évidement ta responsable ne peut pas voir ton travail et c'était son rôle de te dire ce qu'elle a dit, il ne faut pas le prendre trop mal.
Par contre de ton coté tu peux aussi, doucement, à ton rythme, essayer d'apprendre, car ça s'apprend, c'est pas inné, à aussi imposer un certain respect quand il le faut.
Mais c'est incroyable que tu payes pour ne pas être assez sévère alors que si ces gamins sont comme ça c'est que leurs parents n'ont pas fait leur boulot, et toi tu es un centre de loisir, pas de redressement !!!!
Pour le reste (B)... je te laisse gérer...